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Religions en présence en Asie

Les différentes religions présentes en Asie : hindouisme, bouddhisme, confucianisme, taoïsme, shintoïsme, islam, sikhs, jaïnas, parsis...

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HINDOUISME

L'hindouisme n'est pas une foi aux dogmes bien définis, mais un vaste ensemble de croyances et de traditions très diverses qui plongent leurs racines dans les temps les plus reculés de l'histoire de l'Inde (au moins cinq millénaires). L'histoire de l'hindouisme se confond avec celle de l'Inde et son extension s'est identifiée à celle des zones d'influence de la civilisation indienne. Le but ultime de la religion hindoue est la délivrance de ce monde qui est illusion pour rejoindre la réalité unique et ultime, l'Être primordial : Brahman.

Dieu et les dieux

Les plus anciens écrits hindous sont les Védas (connaissance). Rédigés au cours des deux millénaires qui précèdent notre ère, ils sont un vaste ensemble de textes liturgiques transmis par les sacrificateurs (les brahmanes). Les Upanishad, dès le VIIe siècle avant Jésus-Christ, vont élaborer, à partir de la méditation des textes védiques, les conceptions fondamentales de l'hindouisme. Les premiers dieux, célèbres dans les Védas, étaient des personnifications des forces de la nature: Indra: la foudre, Agui : le feu, Varuna : l'ordre cosmique.
Par la suite émergea une Trinité divine, la Trimurti. Celle-ci se compose de trois dieux qui se partagent les activités fondamentales de ishvara, nom générique de la divinité.
Ces trois dieux sont : Brahma, Shiva et Vishnou.
Brahma : personnification de l'ancien nom neutre de l'époque védique, est le dieu créateur. Son rôle est assez abstrait et on ne lui rend guère de culte spécial.
Shiva est le destructeur de l'univers, mais il détruit pour reconstruire : son rôle est donc ambivalent. Il est souvent représenté en Nataraja, le dieu de la danse cosmique, qui détruit le démon rebelle, ou l'univers, pour le recréer. Dieu des ascètes, il est celui qui, le corps couvert de cendres, demeure assis dans la posture du yoga. Il possède de
nombreuses shaktis, ou énergies personnifiées en femmes. La plus fameuse est Durga ou Kali, noire et nue, portant un collier de têtes humaines.
Vishnou est le dieu bienfaisant, conservateur du monde. Sa shakti, ou contrepartie féminine, est Lakshmi, épouse modèle et pleine de bonté. Vishnou s'incarne (avatar) chaque fois que les hommes ont besoin de lui. Son plus célèbre avatar est Krishna, le dieu de l'amour, le sauveur, qui a inspiré le plus célèbre écrit hindou, la Bhagavad-Sita, souvent comparée à l'Évangile.
Mais par delà tous les dieux, les hindous reconnaissent un principe divin unique, plus ou moins personnifié, le Brahman, ou Ishvara.

L'homme et son Karman

L'homme est composé d'un corps et d'un atman (souffle vital ou âme). Mais surtout il est soumis à la loi du Karma (acte), croyance centrale de l'hindouisme. Tout acte produit un effet, bon ou mauvais, dont le responsable devra s'acquitter un jour, dans cette vie ou dans une autre. La somme de ces effets, au cours des existences, produit le Karman total de chaque être. Personne n'échappe à cette loi du Karman, ou rétribution des oeuvres.
Lorsqu'un individu meurt, son atman se réincarne et il recommence une nouvelle existence, qui est meilleure ou plus mauvaise selon l'état de ses mérites, de son Karman : c'est la métempsycose.

Les voies du salut
Le but de l'existence est donc de se purifier, d'améliorer son karman, jusqu'à l'identification totale avec la divinité : le Brahman.
Le fidèle atteint le salut par des exercices : Yoga. Trois voies sont privilégiées :
- La voie des actes : prières, pèlerinages, pratiques ascétiques.
- La voie de la connaissance, qui prend conscience de l'identité essentielle entre l'âme individuelle et l'absolu.
- La voie de l'amour (bhakti) : c'est la dévotion affective qui se manifeste par un désir passionné d'union avec le Seigneur, une soumission et un abandon total à la volonté divine.
Ces trois voies, surtout celle de la dévotion, portent de nombreuses résonances chrétiennes. Mais, par-dessus tout, on doit admirer dans l'hindouisme cette quête passionnée d'un Absolu qui, pour le chrétien, s'est révélé en Jésus-Christ.

BOUDDHISME

Bouddhisme : Né en Inde en réaction contre l'hindouisme, le bouddhisme s'est répandu vers l'Est dans tout l'Extrême-Orient dont il est, sous diverses formes, la principale religion. Il tente de répondre à l'une des questions les plus centrales de l'homme: l'existence de la souffrance et de la mort.
Bouddha (560-480 av. J.C.), dont le nom de famille était Gautama, le prénom Siddharta, était le fils du roi des Sakya, dans l'actuel Népal. Il vivait dans un palais luxueux lorsque, au cours d'une promenade, il rencontra un malade souffrant, un vieillard décrépit, un mort que l'on portait en terre, un pauvre moine qui avait l'air serein. Le jeune prince, bouleversé, abandonna sa femme et son fils pour chercher la
vérité sur la douleur.
Pendant six ans, il erra dans la vallée du Gange, rencontra des gourous célèbres, se soumit à d'effrayantes ascèses, sans trouver de réponse. Il abandonna alors les religions traditionnelles et leurs méthodes et, par la seule méditation, atteignit l'Éveil. On l'appela Bouddha « l'Éveillé ». Il prêcha à Bénarès son premier sermon, qui marqua le début officiel du bouddhisme. Pendant 45 ans il enseigna toutes les classes d'hommes, du roi au mendiant, sans tenir compte des castes ou des classes sociales, ce qui était révolutionnaire. A l'âge de 80 ans, il mourut à Kusinara, en Inde du Nord.

Essence du bouddhisme

Le cœur du bouddhisme est exprimé dans les «quatre nobles vérités» contenues dansle fameux « Sermon de Bénarès ».
1 - Tout, dans l'existence, est sujet à la souffrance, car tout a un caractère transitoire et impermanent.
2 - La cause de cette souffrance est notre désir d'exister et de posséder.
3 - Pour supprimer la souffrance, il faut anéantir tout désir. On entre alors dans la paix
bienheureuse du Nirvana.
4 - L'anéantissement du désir est atteint par la pratique du sentier octuple : huit vertus qui se ramènent à une conduite morale, la méditation, la sagesse.
Ces vertus ne sont pas des dogmes mais des points de référence communs à toutes les écoles bouddhiques. Est bouddhiste aujourd'hui celui qui adhère aux trois joyaux (disons trois éléments essentiels).
Le premier est le Bouddha, pris ici non comme personnage historique mais comme l'illumination elle-même. Le second est le Dharma, une loi qui enseigne au fidèle des techniques d'éveil (Bodhi) pour parvenir, après des réincarnations successives, au Nirvana. Enfin vient le sangha : communauté des moines que Bouddha fonda pour
instruire les fidèles laïcs.

Les grands courants du bouddhisme

Chassés de l'Inde par la réaction des brahmanes dont il détruisait l'autorité, le bouddhisme se divisa en trois « voies » ou « véhicules » (yanas) qui existent encore aujourd'hui.
Le Hinayana, ou petit véhicule est le plus strict et probablement le plus proche de l'enseignement primitif du Bouddha. Il enseigne une ascèse de type individuel pour devenir arhat, homme saint, maître de soi. Il est sinon athée, du moins agnostique car la perfection n'est pas l'union à Dieu mais la totale connaissance de soi et de toute réalité.
Le Mahayana ou grand véhicule a un aspect plus communautaire. Son idéal est le bodhisattva, un sage qui a déjà atteint l'Éveil mais qui refuse d'entrer au nirvana et veut rester sur terre afin d'aider ses frères. Sous des formes diverses, c'est le bouddhisme de la Chine et du Japon (zen).
Le Vajrayana, « voie la plus directe » ou bouddhisme tantrique s'est répandu surtout au Tibet, où les lamas vivent en grandes communautés. Son originalité est d'affirmer que les passions ne sont pas mauvaises en soi, mais peuvent être utilisées, avec des
techniques appropriées, pour atteindre l'illumination.

Bouddhisme et christianisme

Les vertus demandées au bouddhiste sont très semblables à celles du chrétien, mais le but est très différent. Le bouddhisme n'est pas une foi, ni même une religion : il ne s'occupe pas de Dieu. Son but est le « délestage » du moi pour parvenir par ses propres forces au Nirvana, fusion anéantissante avec la plénitude du cosmos. On ne
peut qu'admirer son effort pour arracher l'homme à la souffrance et à tout ce qui entrave sa liberté intérieure.

Bouddhisme au Japon
On ne peut pas parler du bouddhisme japonais sans évoquer la secte Zen, à laquelle s'intéresse l'Occident depuis la deuxième guerre mondiale. Cette branche
du bouddhisme est née en Chine au VIe siècle et c'est au XIIe siècle qu'elle fut introduite au Japon. Elle ne comporte ni dogme, ni définition, ni précepte : elle est entièrement centrée sur la méditation (Zazen). Les moines Zen, vêtus de noir,
pensent que l'illumination est une inspiration soudaine qui survient à un certain degré de concentration et de purification dans la méditation. Il y a actuellement au Japon, près de 10 millions d'adeptes du bouddhisme Zen... Par ailleurs, la secte Zen a imprégné de son esprit la culture japonaise ; On parle de son influence aussi sur la cérémonie du thé, l'art des jardins, la peinture, l'art du sabre et de l'arc.

CONFUCIANISME

Le confucianisme n'est pas une religion mais une éthique personnelle et sociale avec des aspects religieux. Cette base culturelle du monde chinois présente les aspects suivants :

Fonds commun des pays de civilisation chinoise

L'influence du confucianisme est sensible non seulement en Chine même, y compris Taiwan et Hong Kong, mais aussi en Corée, au Japon, au Vietnam et dans les minorités
chinoises dispersées dans le monde. Elle se traduit par un idéal moral de perfectionnement humain, le sens des convenances, le respect des valeurs familiales et le goût de l'ordre politique.

La Voie de Confucius (551-479)

Maître de sagesse et conseiller politique, Confucius a vécu dans le Royaume de Lou au Nord-Est de la Chine, dans la province actuelle du Shandong, à une époque de rivalités ruineuses entre les principautés. L'essentiel de sa personnalité nous est livré dans les Entretiens avec ses disciples. Ces dialogues précisent de manière pratique la voie à suivre pour être un homme de bien.
De ce perfectionnement personnel dépendent la paix et l'ordre dans le pays. La vertu centrale est le 'Ren' ou relation humaine idéale faite de respect mutuel, de sympathie et de reconnaissance des responsabilités de chacun suivant son rang et sa fonction. La rectitude morale 'Yi' passe avant la quête égoïste du profit. L'ordre rituel 'Li' assure
le bon exercice du 'Ren'. Son expression de base est la piété filiale 'Xiao' qui s'exprime en particulier dans le culte des ancêtres.
La tradition confucéenne
Les disciples de Confucius approfondissent et orientent les enseignements du
Maître d'une manière qui sera reprise en des centaines de commentaires au cours de
l'histoire. Trois livres en particulier complètent les Entretiens de Confucius :
- Mencius : La nature humaine est fondamentalement bonne. La voie du Ciel est celle
de la Nature. Le peuple joue un rôle important dans la transmission du mandat de
gouverner.
- La Grande Étude : Itinéraire du perfectionnement de soi à travers la maîtrise personnelle, l'unité familiale, l'ordre politique et la paix universelle.
- L'Invariable Milieu : Pureté du coeur et sincérité guident les choix qui conviennent
entre les extrêmes.

Aspects religieux

L'orientation humaniste des premiers confucéens se traduit sans doute par le souci de
maîtriser les forces obscures mais aussi par une quête d'harmonie avec la Voie
du Ciel. L'ordre rituel sanctionne le bon gouvernement. Le culte impérial avec le
sacrifice annuel au ciel ainsi que le culte des ancêtres sacralisent la vie politique et
familiale. Sous la dynastie des Han, le philosophe Dong Zhongshu (175-105)
développe la théorie du mandat céleste de l'empereur «Fils du Ciel» et l'idée d'une
correspondance harmonique entre le ciel et l'homme.

Rôle politique des lettrés

Qu'ils soient fonctionnaires ou non, les lettrés sont les gardiens de l'ordre moral de
la société politique. Ils sont parfois critiques de l'administration corrompue. Mais ils
peuvent également se montrer conservateurs, formalistes et ritualistes, au point d'encourager la passivité et la soumission servile.

Le système éducatif du mandarinat

Le système des examens sur la base des classiques confucéens a été en vigueur pendant près de 20 siècles. Abandonné en 1905, il n'en reste pas moins influent dans les
politiques éducatives contemporaines : prestige des diplômes, élitisme. Un confucianisme plus ouvert offre pourtant une voie pratique d'éducation morale et de culture
générale visant à un épanouissement de la personne humaine.

Fonction économique ambivalente

Dans la pensée de Confucius, la prospérité matérielle est une condition permettant
l'éducation humaine. Elle n'est pas un but en soi. En outre, la rectitude morale
importe plus que la quête du profit et l'activité commerciale est traditionnellement
reléguée à un rang inférieur. Goût de l'harmonie et soumission engendrent parfois
passivité et peur. Et pourtant, la discipline personnelle et corporative jointe au
sens d'entreprendre, de l'honneur familial, professionnel ou national, peuvent
constituer une «force d'appoint» de la croissance économique. La répartition judicieuse des responsabilités et le loyalisme envers l'entreprise entrent aujourd'hui dans
les techniques de gestion.

Rapport de complémentarité avec le christianisme

L'effort de perfectionnement de soi propre au confucianisme est ouvert à une certaine transcendance puisqu'il vise à rejoindre la Voie du Ciel. Il peut également dégénérer en autosuffisance de « l'homme de bien » face aux médiocres. La révélation du don d'amour de Dieu en un Fils parfaitement uni au Père est libératrice. Elle invite à la prière. Les chrétiens, pour leur part, peuvent trouver dans le confucianisme une exigence pratique de sincérité de leur foi dans les tâches du perfectionnement personnel,
des vertus familiales et du service de la société.

TAOÏSME

Le taoïsme est né en Chine. On le divise en deux entités différentes :
1 - Le taoïsme comme philosophie des grands maîtres Lao-Zi et Zhuang-Zi. Cette
philosophie fut élaborée du VIe au IIIe siècle avant J.C.
2 - La religion dite taoïste qui prit forme au IIe siècle après J.C. Cette religion a intégré la vieille religion populaire chinoise, avec la plus grande partie de ses croyances
et de ses pratiques, dans un vaste système religieux.

La philosophie taoïste

- Les trois grands maîtres du taoïsme sont Lao-Zi, Zhuang-Zi et Lie-Zi. On peut aussi
ajouter Huai-Nan-Zi.
- Le Dao De Jing (Tao Te King) est le livre fondamental du taoïsme. Il est attribué
à Lao-Zi. Mais, l'ouvrage de Zhuang-Zi qui porte son nom est aussi très important.
- Le Dao (Tao) est indéfinissable. Il est le principe à la fois transcendant et immanent
de l'univers. Il est en même temps au-delà de l'univers et présent à tout être. C'est le
Dao qui donne à l'univers, à chaque chose, leur harmonie. Le Dao est un absolu. Il
existe par lui-même. Il est l'ultime.
- Le mouvement taoïste débuta avec des lettrés en réaction contre les contraintes de
la société et de la religion officielles. Leur retraite les conduisit à un approfondisse
ment de leur vie intérieure et à une recherche de la vérité profonde des choses. Ils
cherchaient à cerner les réalités invisibles.
- Parallèlement à ce mouvement de réflexion, on trouve aussi :
. la quête de la longévité ou de l'immortalité par des exercices respiratoires et de gym
nastique, exercices qui nourrissent le principe vital.
. la quête de l'élixir d'immortalité par l'alchimie et cela surtout grâce à l'emploi du
cinabre raffiné.
. la quête des Îles des Immortels, au Nord-Est des côtes chinoises. On pensait que ces
Immortels possédaient la drogue d'immortalité.
La religion taoïste
On considère Zhang-Dao-Ling comme l'initiateur de l'organisation religieuse taoïste. Il
est le chef de file des taoïstes occidentaux (Ouest de la Chine).
Sa doctrine était appuyée sur une interprétation très personnelle du Dao De Jing. Il
était un fervent de Houang-Lao qui, à l'époque, était la grande divinité du taoïsme
religieux. Il apprit les secrets de la drogue d'immortalité et des pratiques de longue
vie. Il accomplissait des guérisons spirituelles au moyen d'incantations et de charmes.
Mais, le plus important était la contrition des péchés, la confession et la pénitence.
L'organisation de ces taoïstes était très stricte, à caractère assez militaire. Ils étaient
regroupés en «paroisses» sous le pouvoir de leurs prêtres-officiers.
Les taoïstes orientaux (Est de la Chine) avaient Zhang-Jyao comme chef de file. En
184, Zhang-Jyao et ses adeptes se soulevèrent sous le nom de « Turbans jaunes ». Le
soulèvement fut maîtrisé, Zhang-Jyao tué, mais la secte continua d'exister.

Les exercices spirituels

Les taoïstes pratiquaient la respiration embryonnaire Tai-Chi : elle consistait à inspirer,
à faire circuler l'air dans le corps et à le diriger. La vision des dieux à l'intérieur du corps
(notre corps est rempli de dieux) est une partie très importante du processus de la méditation. En allant suffisamment loin dans le vide, celui qui médite peut atteindre la quiétude, expérimenter sa dépendance totale au Dao par la connaissance.
Il s'agit de nourrir en soi le principe de vie ; le but est d'arriver à l'union avec le
Dao : « se concentrer dans l'un », « intégrer l'unité ». La secte Mao Chan Pai a joué
un rôle très important dans le développement du taoïsme. Elle a été autant en relation
avec le taoïsme monastique qu'avec le taoïsme populaire.
Chaque village, chaque quartier de la ville a son temple qui est le temple de la
communauté et le centre de nombreuses activités car les divinités sont très mêlées à
la vie quotidienne. Chaque sanctuaire est dédié à un saint patron.
Les divinités : certaines sont des manifestations du Dao éternel et n'ont jamais été des
êtres vivants. Il s'agit des trois Purs, de l'Empereur de Jade, du Maître Céleste, des
trois Officiers, etc. Puis, viennent les Shen qui furent des êtres humains : Ma Dzu,
Gwan Gung, etc.
Les responsables religieux sont :
- les Dao-Che : spécialistes des rites liturgiques au sein de la société.
- les Fa-Che : maîtres magiciens.
L'offrande d'encens dans le brûle-parfum constitue l'élément essentiel du culte. Les
plus importantes cérémonies sont les jiao.
C'est dans le domaine de la méditation que le taoïsme a eu le plus d'influence sur le
bouddhisme. Il y a eu, en fait, une influence mutuelle. Ils se rejoignirent dans la pratique de la méditation Tchan.
Le néo-taoïsme : renaissance du taoïsme philosophique.
À partir du IIIe siècle après J.C., de nombreux intellectuels intègres refusèrent de
servir le gouvernement corrompu et d'autres, avides de sécurité et de liberté, préférèrent se retirer à la recherche des valeurs transcendantales. Ils aspiraient à une
conformité avec la nature. Ils visaient à faire un tout avec l'univers.
Les maîtres du néo-taoïsme sont Wang-Bi, Guo-Xiang, Ge-Hong et d'autres encore.

SHINTOÏSME

« J'ignore quelle est la chose sacrée ici cachée
et cependant je sens couler des larmes de gratitude. »
(Saigyo, poète du Xe siècle, en visite au sanctuaire d'Ise)
D'une nature difficile à saisir pour un esprit occidental, le Shintô, qui peut se traduire par « la voie du divin » ou « la voie des dieux », imprègne la terre nippone depuis
la nuit des temps et s'inscrit au plus profond du cœur de tout Japonais. Le Shintô est
comme la trame de l'existence des Japonais.
Leur patrimoine culturel est fortement marqué par l'influence des croyances et de la
sensibilité shintoïstes. Sur la question de savoir si le Shintô est une religion, les avis
divergent. Disons que le Shintô est authentiquement une démarche spirituelle même
si nul ne possède de données précises sur la nature de la ou des divinités honorées
dans les temples. Cette ou ces divinités sont désignées par le mot « Kami ».
Les linguistes s'accordent à penser que ce mot dérive de « Kamui », nom d'une divinité honorée par le peuple Aïnou, racialement différent des Japonais, refoulé dans le
Nord et aujourd'hui en voie de disparition. Lorsque les populations se stabilisèrent en
clans, chacun acquit son propre Kami, ce qui explique sans doute que le Shintô ait
une dimension collective plutôt qu'individuelle.
Le Shintô, démarche spirituelle originelle et originale du Japon, est une sorte de polythéisme ou peut-être de panthéisme puisque toute chose, arbres, pierres, rivières,
montagnes etc. est habitée par un ou des kami.
Mais il convient de noter que l'animisme primitif du Japon est empreint d'optimisme.
On n'y trouve pas de manifestations de terreur superstitieuse et l'attitude du Japonais
face à ces divinités est celle de la considération amoureuse et respectueuse, manifestation d'une grande humilité de l'homme lorsqu'il regarde la nature.
Sentiment vécu d'une parenté universelle entre les êtres qui relèvent du divin, prise
de conscience intuitive de sa nature divine, conviction intime de participer à la
commune divinité, voilà sans doute ce qu'éprouve tout Japonais franchissant le
Torii - porche d'entrée de l'espace divin - sur le chemin qui le conduira au sanctuaire, lieu privilégié de la communication avec le divin et du recueillement de l'homme
en sa propre nature divine.
Le Shintô, qui ne fait pas appel à la foi proprement dite, est une démarche vide de tout
contenu intellectuel et l'absence de celui-ci n'est pas ressentie comme un manque.
Le « divin » ne relève pas du savoir ; il est comme un souffle qui anime tout l'univers et les dieux en sont la manifestation la plus éclatante.
Fille de l'un des dieux qui engendrèrent la terre avec tout ce qu'elle contient,
Amaterasu-ô-mikami, déesse du soleil, est la divinité qui occupe sans conteste la
première place dans le panthéon shintô. L'un de ses descendants directs - selon les
récits mythiques - connu sous le nom de Jimmu-Tenno, devint le « premier empereur
terrestre » du Japon.
La tradition rapporte qu'il fut intronisé en l'an 660 avant J.C., recevant les trois
insignes sacrés du pouvoir : le miroir, l'épée et les joyaux. La transmission de
ces insignes se fait à chaque intronisation. C'est en ce sens que l'on peut parler
de la divinité de l'empereur. Il est celui qui, en sa personne, incarne suprêmement le
divin, sans pour autant être d'une nature différente de celle du plus humble de ses
sujets.
Le Shintô, qui ne propose pas de dogme, n'offre pas non plus de code de morale particulier. Il fait appel à la connaissance intuitive de la « voie divine » que chaque
homme peut découvrir spontanément en lui.
L'attitude fondamentale sera donc celle de « demeurer dans la vérité de son être
profond » (Makoto) que complètent l'honnêteté, la quête de la paix intérieure, la
coexistence harmonieuse avec tous les êtres, la pureté, la gratitude.
À l'origine, le chamanisme avec tout son appareil divinatoire où les miko (pythies)
jouaient un grand rôle, a marqué le Shintô de son influence, y laissant des traces
encore aujourd'hui. Mais les rites pratiqués sont, pour l'essentiel, des gestes de purification et des exorcismes.
Lié à la nature, à la naissance, à la croissance et au mariage, le Shintô ne comporte
ni cérémonie d'initiation ou d'admission, ni profession de foi, ni pratiques obligatoires.
Il n'est sans doute pas faux de dire qu'en naissant Japonais, on naît shintoïste. Et le
Japonais qui accomplit les gestes rituels du shintoïsme s'identifie de manière intime,
presque viscérale, à l'humus qui a vu naître son peuple et semble communier de
manière mystérieuse à l'histoire et à l'âme de sa terre.
De la fin du XIXe siècle à la fin de la guerre du Pacifique, le « shintoïsme d'État » a
été établi au Japon ; il comportait des rites patriotiques du culte de la nation et de
l'empereur, au service de l'impérialisme nippon.
Ce shintoïsme a été utilisé comme religion nationale pour galvaniser le peuple dans
ses entreprises nationalistes. Il fut aboli dès la fin de la guerre mondiale. L'Église
catholique a, elle aussi, reconnu sa complicité passive par rapport à cette idéologie de
l'époque.

ISLAM

Islam : Le mot islam signifie soumission, la remise totale de soi-même au Dieu
unique, créateur et miséricordieux. En cela consiste l'essence même de la religion.
Cette soumission n'est cependant pas démission ou fatalisme, mais une confiance en
Dieu qui ne supprime pas la liberté mais incite à la responsabilité.

Coran et Sunna

La foi repose essentiellement sur un livre : le Coran, regardé comme dicté directement
par Dieu au prophète Muhammad (570-632). Le Coran reconnaît la valeur de révélation de la Torah et de l'Évangile. Jésus y est reconnu comme un messager de Dieu.
Bien que les chrétiens soient accusés d'avoir manipulé leurs Écritures, ils restent avec
les juifs les gens du Livre envers qui est recommandée une attitude ouverte : « Notre
Dieu, qui est votre Dieu, est unique et nous lui sommes soumis ».
Le Coran est à la fois un message religieux et un code social (le pouvoir législatif
n'appartient qu'à Dieu).
La Sunna (tradition) complète le Coran. Elle est constituée d'un ensemble de hadith,
paroles ou actes du prophète, qui permirent de résoudre les problèmes nouveaux
posés par l'évolution de la communauté musulmane. Ainsi peu à peu se forma la
Shari'ah : la foi musulmane qui structure la communauté des croyants (umma).

La foi musulmane

Le contenu essentiel de la foi musulmane porte sur :
- Dieu, dans son unicité absolue, inaccessible dans le mystère de sa nature. Juge
suprême, à la fois tout-puissant et miséricordieux, il est tout proche de l'homme qui
le prie.
- Le prophète. Dieu a envoyé trois grands prophètes : Moïse, qui promulgua la Torah;
Jésus qui promulgua l'Évangile ; Muhammad, qui a promulgué le Coran, récapitulation finale de toute prophétie.
- Les Anges, porteurs des messages de Dieu.
- Le Jugement dernier où chacun sera jugé selon ses oeuvres bonnes ou mauvaises et
envoyé au paradis ou en enfer.
Les devoirs du musulman
Un ensemble de devoirs culturels et sociaux encadrent tous les aspects de la vie du
musulman. Les plus importants, strictement obligatoires, sont appelés les cinq piliers
de l'islam.
1 - La profession de foi (shahada). « Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu, et Muhammad
est son prophète ». Celui qui émet cette profession de foi est ipso facto intégré à la
communauté musulmane.
2 - Le pèlerinage à la Mecque est le culte rendu au Dieu unique dans la maison
construite par Abraham. C'est avant tout pour le croyant une rencontre personnelle avec son Seigneur, au sein d'une assemblée qui témoigne de l'universalisme
de l'islam.
3 - Le jeûne du Ramadan exprime à la fois la dépendance de la créature à l'égard du
Seigneur, l'obéissance à la loi de Dieu, la solidarité avec ceux qui ont faim.
4 - L'aumône est un droit de ceux qui n'ont rien ou peu de choses sur le superflu de
ceux qui possèdent davantage.
5 - La prière rituelle exprime la totale remise de soi du croyant à son Dieu. Cinq fois
par jour, tourné vers la Mecque, il doit rompre intérieurement avec ses préoccupations
et se tourner vers Dieu.

Sunnites et Chiites

Dès l'origine, la communauté musulmane se scinda en plusieurs groupes.
Aujourd'hui, les deux principales branches sont les Sunnites, fidèles à la coutume du
Prophète (Sunna) et les Chiites, fidèles au parti chi'a de Ali, un des fils du prophète,
et caractérisés par leur croyance aux imans.

Expansion de l'Islam

Parti d'Arabie, l'islam se propagea en Asie surtout par le commerce. Les Arabes
créaient des centres commerciaux le long de leurs routes maritimes, puis établissaient
là des écoles musulmanes, d'où ils pénétraient à l'intérieur du pays.
Les grandes étapes de l'implantation de l'islam en Asie du sud-est sont : l'établissement sur la côte ouest de la péninsule malaise au IXe siècle ; la fondation du
premier « État musulman » proprement dit, au Nord de Sumatra au XIIIe siècle;
la fondation de Malacca vers 1400 et de là, l'expansion dans toute la péninsule
malaise ; l'arrivée aux Philippines vers 1450 et le début de l'islamisation des îles sud
du pays.
Les plus grands pays islamiques du monde, par leur nombre d'adhérents, se trouvent
en Asie. Ce sont, dans l'ordre, l'Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh et l'Inde ; les
pays arabes ne viennent que loin derrière.

SIKHS

Le fondateur du sikhisme est Guru Nânak (1459-1538), un hindou du Punjab,
de famille kshatriya (caste des guerriers). Déplorant les rivalités, souvent meurtrières, qui opposaient les hindous et les musulmans, Guru Nânak se mit à prêcher
l'existence d'un Dieu unique, à la fois Dieu des hindous et des musulmans. Il voulut
faire une synthèse de l'hindouisme et de l'islam.
Sa doctrine, un monothéisme inspiré des Upanishads, est consignée, avec quelques
additions de ses successeurs, dans un recueil, Adi Granth, devenu livre sacré pour les
sikhs et vénéré comme tel.
Guru Nânak recruta un bon nombre d'adeptes parmi les hindous ; mais lui-même et
ses successeurs se heurtèrent à l'intolérance islamique. Persécutée par le gouvernement central qui était alors aux mains des musulmans, la communauté sikh prit peu à
peu un caractère guerrier.
Cette évolution aboutit vers la fin du XVIIe siècle à l'établissement d'une fraternité
militaire appelée Khalsa. Ces « soldats de Dieu » firent le serment de donner volontiers leur vie pour défendre leur foi et lutter contre l'autorité centrale des dirigeants
musulmans de l'Inde.
Les sikhs ne se rasent pas, ne coupent jamais leurs cheveux et portent en permanence un turban, ce qui les rend facilement reconnaissables dans n'importe quel lieu.
Ils ont joué un rôle important dans l'histoire de l'Inde. Ils sont aujourd'hui environ
14 millions. La plupart d'entre eux sont regroupés dans l'État du Punjab, dont ils ont
fait l'État le plus prospère de l'Inde.
C'est dans cet État que se trouve le Temple d'Or bâti à Amritsar, au XVIe siècle, sur
un terrain offert par l'empereur Akbar. Bien que ne représentant que 1,85 % de la
population de l'Inde, ils constituent 10 % des effectifs de l'armée du pays.

JAINAS

Les jaïnas se réclament de Mahavira (grand héros), un hindou de famille princière qui
vivait au VIe siècle avant l'ère chrétienne. À l'âge de 30 ans, il se retira du monde et
s'adonna pendant 12 ans à l'ascèse et à la méditation dans l'espoir de trouver la Vérité.
Il atteint « l'illumination » à l'âge de 42 ans et devient alors Jaïna (le vainqueur).
La doctrine proposée par Jaïna se différencie du brahmanisme des Upanishads surtout
par sa conception réaliste de l'univers, un univers qui n'est pas maya (illusion), mais
existe pleinement, n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin. Les dieux (deva)
sont des êtres supranaturels et parfaits, mais appartiennent à l'univers.
Comme les hindous et les bouddhistes, les jaïnas professent la doctrine du karma
(selon laquelle nos actes conditionnent nos existences ultérieures), de la transmigration et de la délivrance. Les jaïnas font une très grande place à l'ascèse et
manifestent un très grand respect de la vie. Ceci entraîne des restrictions sévères dans
l'alimentation et leur interdit de nombreuses professions y compris l'agriculture. On
les retrouve donc surtout dans les villes.
En 1982, le jaïnisme s'est scindé en deux groupes : les svetambars qui habitent principalement le nord-ouest de l'Inde et les digambars qu'on trouve dans le sud et
principalement dans l'État du Karnataka.
Il y a environ 3,6 millions de jaïnas en Inde ; mais leur niveau d'instruction et leurs
professions (banquiers, commerçants, avocats, fonctionnaires) leur donnent une grande influence dans le pays.

PARSIS

Les parsis sont des zoroastriens. Zoroastre (ou Zarathustra), qui vécut sans doute au
VIIe siècle avant l'ère chrétienne, était lui-même un réformateur du mazdéisme, une
religion dualiste selon laquelle le monde est le théâtre d'une lutte permanente opposant le principe du Mal (Ahrima) et le principe du Bien (Ahura Mazda). Le livre sacré
du mazdéisme est le Zend Avesta. Le zoroastrisme était florissant en Perse (Iran) jusqu'à l'arrivée de l'islam.
Lors de l'islamisation de l'Iran, ceux qui ne voulurent pas accepter la foi islamique
durent émigrer. Un important groupe émigra vers l'Inde. On les retrouve aujourd'hui
dans le nord-ouest du pays et principalement à Bombay. Ils ont leurs temples desservis par des prêtres héréditaires, « gardiens du feu ». Pour ne pas souiller la terre ou le
feu qui sont considérés comme sacrés, leurs morts ne sont ni inhumés ni incinérés,
mais exposés aux vautours sur les célèbres tours du silence.
Lors de la colonisation de l'Inde par les Anglais, les parsis accueillirent volontiers
la civilisation occidentale et se lancèrent hardiment dans le commerce, puis dans
l'industrie. De ce fait, ils ont souvent joué un rôle de pionniers dans le développement
de l'industrie indienne.
L'un d'eux, Jamshed Tata, fonda ce qui est aujourd'hui le plus grand groupe industriel du pays. A noter aussi que, grâce à un remarquable esprit de solidarité au sein de
la communauté parsi, il n'y a pas de pauvres parmi eux.
Les parsis sont peu nombreux : un peu moins de 100 000 en Inde et environ 200 000
disséminés à travers le monde.