Vous êtes ici : » Asie du Sud-Est insulaire » Philippines

Philippines

Géographie et démographie


Superficie : 300 000 km2.

Terres cultivées : 18,45 %, forêts : 19,4 %, pâturages : 14,6 %.
Plus de 7 000 îles.

Population : 79 999 000 habitants.

Densité : 266,7 hab./km2

Retour | Imprimer

Géographie et démographie

 

Superficie : 300 000 km2.
Terres cultivées : 18,45 %, forêts : 19,4 %, pâturages : 14,6 %. Plus de 7 000 îles.
Population : 79 999 000 habitants.
Densité : 266,7 hab./km2
Croissance démographique annuelle : 1,8 %
Indice de fécondité : 3,18
0-14 ans : 35,8 %
15-64 ans : 60,3 %
65 ans et plus : 3,9 %
Taux de mortalité infantile : 29 ‰
Espérance de vie : 70 ans

 

Éducation : Dép. publique : 3,2 % du PIB.
Analphabétisme (hommes) : 4 %
Analphabétisme (femmes) : 4,2 %
Scolarisation 12-17 ans : 52,6 %
Scolarisation 3e degré : 30,4 %
Ethnies chrétiennes : Tagalog, Ilocano, Cebuano,
Ilongo (87 %) ; musulmanes : Maranao,
Maguindanao, Tausug (5 %) ;
animistes : Manobo, Subanon, Cordillero (5 %)
Autres : Chinois surtout (3 %)
Langues parlées : anglais, tagalog, cebuano.
Capitale : Manille (agglomération : 13,79 millions habitants)
Monnaie : peso philippin.

 

 


Histoire

 

XVe s. : Islamisation d'une partie de l'archipel (Mindanao).
1521 : Magellan débarque sur une île au sud de Samar. Devient colonie espagnole.
1565 : Legazpi débarque à Luzon et occupe Manille, alors comptoir musulman florissant. Le vice-roi du Mexique est responsable de l'administration jusqu'en 1815.
1892 : Rizal fonde un mouvement nationaliste, la Liga Filipina. Au même moment,
Bonifacio fonde l'association paysanne Katipunan : lutte pour l'indépendance.
1896 : Début de la révolte contre l'Espagne. Exécution de José Rizal.
1898 : Le 12 juin, le général Aguinaldo proclame l'indépendance, à Kawit.
Destruction de la flotte espagnole par l'américain Dewey.
10 novembre. Le traité de Paris cède les Philippines aux U.S.A.
1899 : Aguinaldo promulgue la Constitution de la République Philippine. Trois mois plus tard commence la guerre philippino-américaine. La capture d'Aguinaldo en 1901 signe la fin de la résistance organisée.
1934 : Le Congrès américain vote le « Philippine Independance Act » qui accorde aux Philippines le pouvoir d'établir leur propre constitution.
1935 : Manuel Quezon, qui avait sans cesse combattu pour l'indépendance de son pays, devient le premier président du gouvernement.
1941 : Occupation japonaise qui durera jusqu'en 1945.
1942 : Mouvement de résistance paysanne contre les Japonais : les Huks.
1945 : Le 4 juillet, proclamation officielle de la République des Philippines. Sur le point d'être désarmés, les Huks (obédience communiste) prennent le maquis.
1954 : L. Taruc, chef des Huks, se rend au président Magsaysay.
1965 : Le 9 novembre, Ferdinand Marcos est élu président et promet l'application de la loi sur la réforme agraire votée 4 ans plus tôt. Il échouera.
1971 : Création du P.C. philippin (marxiste-léniniste) par José Sison, et quelques mois plus tard, de sa branche militaire, le NPA (armée du peuple nouveau).
1972 : Le 21 septembre, imposition de la loi martiale à tout le pays. Slogan de la « Nouvelle Société ». Depuis lors, l'armée et la police mènent un combat de plus en plus dur contre le NPA et les minorités musulmanes du sud.
1974 : Année meurtrière dans la lutte qui oppose le MNLF (Moro National Liberation Front) au gouvernement.
1976 : Accords de Tripoli qui prévoient une autonomie partielle des régions du sud à majorité musulmane. Cessez-le-feu.
1978-1980 : Reprise de la lutte armée par le MNLF dont la branche politique penche de plus en plus vers une séparation pure et simple des provinces musulmanes de Mindanao du reste du pays.
1980 : Libération par Marcos de son principal adversaire politique, Benigno Aquino.
1981 : 17 janvier. Levée de la loi martiale (9 ans). Réélection de Marcos à la présidence pour 6 ans.
1982 : Pas de semaine sans attentats, embuscades et explosions de bombes. Nombreux accrochages meurtriers entre armée et NPA ainsi que séparatistes musulmans.
1983 : 21 août. Retour du chef de l'opposition, le sénateur Benigno Aquino. Il est assassiné à sa descente d'avion.
31 août. Funérailles d'Aquino. 3 millions de personnes y participent : la plus grande manifestation populaire jamais vue. Elle marque le début d'une longue série d'autres manifestations contre le régime de Marcos, certaines d'entre elles très violentes.
1984 : Mai. Élections législatives. Malgré une fraude intense et beaucoup de violence, l'opposition passe de 13 sièges à 65 au Parlement (200 sièges), ce qui est considéré par les observateurs comme une réelle défaite pour Marcos. Montée de la violence. Les grèves se multiplient.
Octobre. La commission d'enquête sur l'assassinat du sénateur Aquino implique directement l'armée. Le général Ver, chef d'État-Major des forces armées, est remplacé, temporairement, par le général Ramos qui s'efforce de mettre de l'ordre dans l'armée.
1985 : En janvier, la mise en cause du général Ver est confirmée par une cour spéciale. Commence alors un procès qui risque d'être très long et lourd de conséquencespour un pays qui connaît par ailleurs une situation économique désastreuse.
1986 : 7 février. Élection présidentielle anticipée. Marcos l'emporte de peu sur Corazon Aquino. Le peuple, suivi par l'armée, se soulève. Marcos est contraint d'abandonner le pouvoir et de quitter le pays.
26 février. Corazon Aquino devient président. Succession de coups d'États manqués.
1987 : Reprise de la guérilla communiste. Suite à la répression dans le sang d'une manifestation, mise en route d'une réforme agraire portant sur 5,4 millions d'hectares.
1988 : 9 juin. Le Parlement adopte une nouvelle réforme agraire qui devrait affecter près de 30 millions de personnes.
Octobre. Les Marcos sont inculpés de détournement de fonds par les États-Unis.
1989 : 28 mars. Les élections municipales confirment la confiance accordée par le peuple à Corazon Aquino. 28 septembre. Marcos meurt en exil.
Décembre. 7e coup d'État militaire, de loin le plus important. Le crédit de Corazon Aquino en est sérieusement affecté.
1990-1991 : Années marquées en particulier par les négociations sur l'éventualité d'un retrait des forces américaines stationnées aux Philippines. Années marquées aussi par 3 désastres naturels (tremblement de terre, typhon, éruption du volcan Pinatubo).
1992 : Élection de Fidel Ramos, un protestant, à la Présidence de la République; il succède à Corazon Aquino. Départ définitif des américains de la base Subic Bay.
1995 : Voyage du pape Jean-Paul II à Manille.
1998 : Élection à la présidence de Joseph Estrada, populiste et ancien acteur.
2000 : Les rebelles musulmans du MILF continuent le combat sur l'île de Mindanao.
2001 : Janvier. Sous la pression des manifestants et des militaires, le président Estrada démissionne ; Gloria Macapagal Arroyo, vice-présidente et ministre des Affaires sociales, le remplace.
2002 : Février. Envoi, sur l'île de Basilan, de plusieurs centaine de soldats américains pour lutter contre le groupe Abu Sayyaf.
Décembre. Arroyo annonce qu'elle ne se représentera pas en 2004.
2003 : Juillet. Certains membres de l'armée fomentent une mutinerie pour tenter de renverser la présidente Arroyo ; échec.
2004 : Juin. Arroyo est réélue devant Fernando Poe.

 

 


Économie et politique

 

Agriculture et pêche : 22 % du PNB. La principale culture est celle du riz (8e rang mondial) et du maïs. Rendement faible. Canne à sucre, coprah (noix de coco), café, bananes, caoutchouc : productions principalement destinées à l'exportation.
L'élevage est peu développé : bovins, buffles, ovins, chèvres, porcins.
La réforme agraire mise en place par Corazon Aquino commence à porter des fruits.
L'aristocratie terrienne (15 % de la population) détenait jusqu'alors 65 % des terres agricoles (en 1995), leur terre ne sera pas spoliée mais indemnisée. Chaque famille de paysan recevra 5 hectares. Désormais, personne n'est autorisé à posséder plus de 50 hectares. Malheureusement, cette loi reste dans la plupart des cas lettre morte...

 

Pêche très active, en dépit des pirateries japonaise et taiwanaise dans les eaux territoriales : 2 379 874 tonnes en 2002.

 

Mines et industrie : 35 % du PNB.
Cuivre, or, pétrole, charbon, chrome, nickel, argent.

 

Politique : République. Régime présidentiel qui détient le pouvoir exécutif. Chambre des Représentants et Sénat. Président : Gloria Macapagal Arroyo (depuis le 20.1.01, réélue le 10.5.04).
Vice-président : Teofisto Guingona (depuis le 6.2.01).

 

PIB./Hab. : U.S. $ 4 345. Environ 7 millions de Philippins travaillent à l'extérieur du pays (apport important de devises chaque année pour le pays : 6 milliards de dollars en 2001).

 

Armée : Dépense publique Défense : 1 % du PIB (2002). 106 000 hommes.

 

 


RELIGIONS

Seul pays d'Asie à majorité catholique : 80 % de la population totale. On y trouve aussi : Aglipayan, Église catholique nationaliste : 4 % ; Iglesia ni Cristo, secte à caractère politique : 2 % ; Musulmans : 5 % ; Protestants : 3,5 %.
Église catholique
1521 : L'histoire chrétienne des Philippines commença le jour même de leur découverte par Magellan. « Conversions » immédiates.
1565 : Les Espagnols débarquent à Cebu «avec le glaive dans une main et la Croix dans l'autre ». Commencement d'une longue période où colonisation et évangélisation iront de pair sans grande résistance si ce n'est dans l'île de Mindanao, fief de l'islam.
1579 : Création du diocèse de Manille, le 3e de l'Asie après ceux de Quilon et Goa.
XVIIIe siècle : Ordination des premiers prêtres locaux.
1898 : Chute des Espagnols ; sous le régime américain, l'Église est traitée avec défaveur : protestants et francs-maçons prennent en charge l'administration et l'enseignement.
1902 : Fondation d'une « Église indépendante des Philippines » à caractère nationaliste, par Aglipay.
1910 : À partir de cette date, arrivée en force de missionnaires étrangers.
1930 : Fondation de la secte « Iglesia Ni Cristo », groupe dissident de la secte Aglipay.
1937 : Triomphal 33e Congrès Eucharistique international à Manille.
1960 : Mgr Rufino Santos, 1er cardinal philippin.
1964 : Création d'un séminaire des Missions Étrangères philippin. Prêtres, religieux, religieuses et laïcs sont engagés en Asie, Océanie, Afrique et Amérique latine.
1970 : Symposium des évêques d'Extrême-Orient.
Visite du pape Paul VI : appel à l'Asie à travers Radio Veritas.
1974 : Jaime L. Sin devient archevêque de Manille et se pose comme le chef de la ligne majoritaire de l'Église, celle de la « collaboration critique » vis-à-vis du gouvernement. Il sera nommé cardinal en 1976.
1979 : Congrès missionnaire international à Manille.
1981 : Visite du pape Jean-Paul II : il fut souvent question des droits de l'homme.
1982-1983 : L'écart se creuse entre l'Église et le gouvernement ; la conférence épiscopale écrit deux lettres pastorales très critiques. Expulsions de missionnaires étrangers. Nombreuses arrestations de prêtres, religieuses et leaders laïcs. Assassinats et disparitions de nombreux leaders laïcs.
1983 : 27 novembre. Dans une lettre pastorale, les évêques invitent tous les Philippins à faire effort pour se réconcilier.

1984 : À part deux lettres pastorales relativement critiques à l'égard du gouvernement, l'aile conservatrice de l'épiscopat semble reprendre le dessus. Un procès retentissant prend fin : accusés du meurtre d'un maire de l'île de Negros, deux prêtres de

St-Colomban et sept paysans sont finalement acquittés après plus d'un an de prison.
Poursuite des vexations, intimidations et violences de la police et de l'armée contre l'aile militante de l'Église (même les évêques ne sont pas épargnés).
Avec la bénédiction des évêques, les chrétiens font de plus en plus pression sur le gouvernement en vue d'obtenir la libération des prisonniers politiques. On parle de 4 000 arrestations depuis 1979.
1985 : En janvier, après plus de deux ans passés en prison, un des principaux leaders laïcs de l'Église, Karl Gaspar, est finalement acquitté pour manque de preuves. Il était accusé de subversion et d'être membre du parti communiste.
1986 : Mars. Pour la 1ère fois, des membres du clergé catholique se déclarent favorables à une certaine autonomie des minorités musulmanes.
1987 : 1er mars. Dans une lettre pastorale, les évêques approuvent la décision prise par le gouvernement d'interdire - jusqu'à nouvel ordre - le départ de leurs compatriotes comme domestiques à l'étranger.
Juillet. dans une lettre pastorale, les évêques dénoncent la corruption et les manipulations de la publicité donnée aux violations des droits de l'homme.
27 août. Dans un appel à la radio, Mme Corazon Aquino demande à l'Église et aux ONG d'aider les autorités dans leur combat contre la pauvreté.
1989 : 2e Congrès mondial pour l'évangélisation, à Manille.
1990 : Janvier. Lettre pastorale intitulée : « Cherchez la paix, poursuivez-la ».
Mai : réunion des prêtres de Manille pour réfléchir sur la percée des sectes chrétiennes fondamentalistes venues des États-Unis.
7 octobre. Dans une lettre pastorale intitulée « l'Amour c'est la vie », les évêques du pays invitent « tous ceux qui veulent rester fidèles aux valeurs de l'Évangile » à ne pas s'associer au programme gouvernemental de contrôle des naissances.
1991 : 20 janvier-17 février. Tenue du 2e Concile plénier de l'Église des Philippines, qui réunit quelque 500 prêtres, religieux et laïcs autour des 98 membres de la Conférence épiscopale.

 


Statistiques

Catholiques 73 605 000 (82 %)
Diocèses (prélatures ou vicariats) 81
Évêques (en activité) 96
Prêtres diocésains 5 188
Prêtres religieux 2 218
Frères (en 2000) 578
Religieuses (en 2000) 9 459
Catéchistes (en 2000) 1 675
Grands séminaristes (en 2000) 7 381
On compte un prêtre pour 11 000 habitants et 8 800 catholiques. 600 prêtres, religieuses et laïcs travaillent comme missionnaires en d'autres pays d'Asie et d'Afrique.

Quelques aspects

Une Église
- où la religion populaire joue un rôle très important.
- où il y a relativement peu de vocations à la prêtrise et où le clergé diocésain connaît une crise spirituelle grave.
- encore dépendante de l'étranger, en personnel et en aide financière.
- très proche de celle du Brésil et d'autres pays d'Amérique du Sud dans sa problématique et dans sa pratique : Église à deux visages, l'un puissant, établi, l'autre,
celui des pauvres. L'un soutenant le régime en place et l'autre s'engageant de plus en plus pour la défense des opprimés.
- très présente dans la vie politique du pays.
1992 : Soutien de la Conférence épiscopale au président Ramos.
1994 : Diverses prises de position de l'Église contre l'avortement et la contraception dans le cadre de la préparation de la Conférence mondiale du Caire.
1995 : Visite du pape Jean-Paul II à Manille, à l'occasion du rassemblement mondial des jeunes. Présence de délégués catholiques chinois de toutes provenances : Chine, Taiwan, Hong Kong, Macao.
1999 : Novembre. Selon les sondages, la Conférence épiscopale bénéficie de la première place dans l'estime des Philippins.
2000 : Octobre. Face à l'accumulation des scandales financiers impliquant la présidence, le cardinal Sin et son conseil presbytéral demandent la démission du président Estrada.
2002 : Juillet. À la suite de l'intervention de l'Église catholique, la présidente Arroyo refuse d'avaliser l'installation de deux mille machines à sous à travers le pays.