Vous êtes ici : » Péninsule indochinoise » Laos

Laos

Géographie et démographie

Superficie : 236 800 km2. Terres cultivées (3,6 %), forêts (90 %)

Population : 5 657 000 habitants

Retour | Imprimer

Densité : 23,9 hab./km2
Taux de croissance démographique annuelle : 2,3 %
Indice de fécondité : 4,78
Taux de mortalité infantile : 88 ‰
Espérance de vie : 54,5 ans

 

Éducation : Dépense publique 3,2 % du PIB.
Analphabétisme (hommes) : 32,5 %
Analphabétisme (femmes) : 61,9 %
Scolarisation 12-17 ans : 47,8 %
Scolarisation 3e cycle : 4,3 %
Ethnies : Laos, Lao Loum, Lao Theung, Lao Song, Thaïs, Hmongs, Yaos...(on recense environ 47 groupes ethniques).

 

Langues : lao, dialectes des minorités (thai, ploutheung, hmong)
Capitale : Vientiane (528 000 habitants).
Monnaie : kip.

 

 


Histoire

 

1353-73 : Règne de Praya Fa Ngum, fondateur de Lane-Xang
(pays du « million d'éléphants »)
1721 : Division en 3 royaumes : Luang Prabang, Vientiane, Champassak.
XVIe-XIXe s. : Invasions et domination intermittente du Siam.
1893 : Intervention militaire de la France. Traité franco-siamois.
1899 : La France unifie l'administration de Luang Prabang, Xieng Khouang, Champassak et Vientiane en un seul pays : le Laos.
1945 : Les Japonais reconnaissent l'indépendance du Laos.
1946 : Retour des Français. Le gouvernement Lao Issara se réfugie en Thaïlande.
1953 : 22 octobre. Indépendance du Laos, mais le Pathet Lao continue la lutte.
1957 : Accord avec le Pathet Lao : Souphanouvong devient Premier ministre.
1962 : Conférence de Genève. Cessez-le-feu ; formation d'un gouvernement d'union nationale avec Souvanna Phouma comme Premier ministre.
1964 : Coup d'État manqué des extrémistes de droite : Souphanouvong reprend le maquis. Souvanna Phouma de plus en plus dépendant des USA.
1969-71 : Le Pathet Lao et les Nord-Vietnamiens occupent les 2/3 du pays.
Intensification de la guerre.
1973 : Cessez-le-feu et formation d'un gouvernement d'union nationale.
1974 : Formation d'un gouvernement de coalition.
1975 : Prise de contrôle totale du pays par le Pathet Lao (communiste).
2 décembre. Abdication du roi et démission du Premier ministre.
Proclamation de la République démocratique populaire du Laos.
1977 : Traité d'amitié et de coopération avec le Vietnam officialisant la présence des troupes vietnamiennes et assurant un protectorat de fait du Vietnam sur le Laos.
1976-80 : Exode massif de la population vers la Thaïlande (400 000 personnes).
Naissance et développement de divers mouvements de résistance.
1981 : Année dite de la réconciliation. Libération de prisonniers politiques des camps de rééducation. Refus de la Thaïlande d'accueillir de nouveaux réfugiés du Laos à partir du 1er janvier 1981, sous prétexte que ce sont des réfugiés économiques.
1985 : L'exode continue malgré les mauvaises conditions dans les camps de Thaïlande et les menaces de refoulement vers le Laos.
1986 : Après plusieurs années de tensions et d'isolement, le Laos tente un  rapprochement avec la Chine et la Thaïlande. Ouverture économique amorcée.
1988 : 18 février. Signature d'un cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Laos. Le code des Lois est très libéral pour les investissements étrangers : début de l'ouverture.
1989 : 7 octobre. Normalisation des relations avec la Chine.
11 décembre : Visite en France du Premier ministre, M. Kaysone Phomvihan.
Le pays s'ouvre, apparemment sans retour, sur le monde non communiste.
Premières élections parlementaires depuis 1975.
1990 : Politique d'ouverture aux investissements étrangers, de privatisation, et d'encouragement de l'initiative individuelle.
1991 : Constitution adoptée par l'Assemblée nationale.
1992 : novembre : mort de Kaysone Phomvihane.
1994 : Ouverture du grand pont financé par les Australiens sur le Mékong qui relie Vientiane à la Thaïlande. Opérations de rapatriement de réfugiés en Thaïlande. Les Laotiens réfugiés sont regroupés dans un camp ouvert à Nakhon-Phanom.
Fin 1994. Fermeture des camps de réfugiés en Thaïlande.
1995 : 9 janvier. Mort du « prince rouge », Souphanouvong.
1996 : VIe Congrès du PRPL (Parti révolutionnaire du peuple lao) à Vientiane axé principalement sur les réformes économiques amorcées depuis les années 1980.
1997 : Juillet. Intégration du Laos au sein de l'Association des nations du sud-est asiatique (Asean). Enregistrement de 463 200 touristes dans le pays.
1999-2000 : Année du tourisme.
2003 : Attentats contre des autobus publics qui ralentissent le tourisme.
Novembre : La Thaïlande décide d'acheter de l'électricité produite par la future centrale du fleuve Nam-Theun, projet controversé de 1 000 mw, qui rapporterait au Laos 5 milliards de dollars en 25 ans.
2004 : Janvier. Apparition de la grippe aviaire dans la région de la capitale.

 


Économie et politique

 

19 % du commerce extérieur se fait avec la Thaïlande(16,4 % avec le Vietnam,
7,9 % avec la France, 5,6 % avec l'Allemagne). La crise asiatique survenue en Thaïlande au début juillet 1997 a entraîné dans sa chute la baisse du kip. Le Laos est dans une phase de difficulté économique.

 

Agriculture : 50,1 % du PNB.
L'agriculture est l'unique ressource du Laos. Jusqu'en 1988, la terre est socialisée sous forme de coopératives. 12 % des terres cultivées sont regroupées en kolkhozes (fermes d'état). Depuis lors, effort de libéralisation.
Riz : 80 % des terres cultivées ; la production suffit aux besoins, mais le rendement reste faible (2,4 millions de tonnes en 2002).
Bois : première ressource d'exportation. Danger : la déforestation continue dans le centre du pays.

 

Mines et industrie : 24,5 % du PNB.
Un nouveau code des investissements, datant de juillet 1988, a permis une amélioration sensible de la situation. Des industriels thaïlandais, australiens ou japonais commencent à s'installer dans le pays. Mais depuis 1998 les investisseurs se font rares.
Le sous-sol est riche en gypse, fer, étain, argent, or, saphirs, charbon. Potentiel important en hydroélectricité (l'exportation de l'électricité en Thaïlande en baisse).

 


Politique

Communiste. Constitution : République démocratique populaire du Laos au 15/08/98. Pouvoir centralisé autoritaire.
Président : Khamtay Siphandone, depuis le 24 février 1998.
Chef du gouvernement : Boungnang Vorachith depuis le 15 mars 2001.
Les nouvelles nominations au sein du politburo à majorité militaire laissent deviner l'intention du Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL) de mieux asseoir l'autorité du parti dans la région.

 

PIB./Hab. : U.S. $ 1787. Pays très pauvre, sous développé et sous-peuplé dépend pour 28,3 % de son PIB de l'aide internationale.

 

Armée : 29 100 hommes. Défense : 4,1 % du PIB. En 1990, pour le 15e anniversaire du socialisme dans le pays, le Laos a supprimé la faucille et le marteau sur son emblème national, et remplacé le mot socialisme par démocratie et prospérité.
Aujourd'hui, le pays évolue vers une économie de marché, mais les autorités maintiennent un certain flou en ce qui concerne l'abandon du socialisme pour le capitalisme que notent certains observateurs. En fait, le Laos est dans un dilemme : maintenir le système d'économie ouverte qui accueillera avec bienveillance l'assistance et les investissements étrangers, au risque de porter tort au zèle révolutionnaire du passé. De nets progrès ont été enregistrés en ce qui concerne le niveau de vie de la population. Le Laos est un pays qui n'a pas subi le boycott de l'Occident, comme le
Vietnam et le Cambodge.

 


RELIGIONS

Le bouddhisme théravada (petit véhicule) est la religion traditionnelle du pays et  touche 90 % de la population. L'animisme est encore présent parmi les minorités.
Les chrétiens représentent environ 0,6 % de la population.
Église catholique
1630 : Le jésuite Giovanni Liera s'arrête à Vientiane.
1669 : Mgr Pallu envoie deux prêtres MEP au Laos ; ils meurent très rapidement.
1771 : De 1771 à 1866, il y eut 5 tentatives d'établissement des MEP au Laos.
1886 : Fondation de plusieurs communautés chrétiennes le long du Mékong.
1899 : Érection du vicariat apostolique du Laos qui s'étendait aussi à l'Est de la Thailande. Il y avait à cette époque 8 000 baptisés.
1934 : Arrivée des Soeurs de la Charité.
1935 : Arrivée des Oblats de Marie Immaculée à qui est confiée la Préfecture apostolique de Vientiane créée en 1938. Entre 45 et 54 : 7 missionnaires sont tués.
1946 : Un prêtre lao est exécuté par les Vietnamiens.
1973 : Visite du Patriarche bouddhiste de Luang-Prabang au pape Paul VI.
1974 : Nomination de Mgr Nantha, 1er évêque lao, à Vientiane.
1975 : Démission des 4 Vicaires apostoliques européens et nomination de 3 Vicaires apostoliques laotiens à Vientiane, Savannakhet et Paksé.
1976 : Expulsion des missionnaires étrangers. Persécution contre l'Église, qui se traduit par la fermeture systématique des écoles, la réquisition des bâtiments d'Église, la pression exercée sur les chrétiens, les camps de rééducation.
1977 : Durcissement du régime au moment du partage des terres. Parfois églises et chapelles transformées en entrepôts à riz, étables à buffles et salles du peuple.
1979 : Nouvelles contradictoires et difficilement vérifiables sur la vie de l'Église au Laos. Seul point certain : évêques et prêtres sont encore en place à Vientiane, Paksane, Thakhek, Savannakhet et Paksé. Des religieuses vivent encore dans des villages chrétiens. Les catholiques étaient 34 000 en 1977, soit 1,2 % de la
population totale.
1983 : En janvier, ordination d'un évêque coadjuteur à Vientiane, Mgr Khamsé.
1984 : En avril, décès de Mgr Nantha, à Vientiane. Mgr Jean-Baptiste Outhay, Vicaire apostolique de Savannakhet, qui avait été désigné par ses pairs pour les représenter au Synode à Rome, se voit refuser son visa de sortie. À cette date, sur 4 évêques en fonction, celui de Paksé est incarcéré. Le nombre des catholiques
restés dans le pays est évalué de 15 à 20 000. Il reste à leur service une douzaine de prêtres. La Préfecture apostolique de Louang Prabang, au nord du pays, n'a plus d'évêque.
1985 : Il ne reste que 3 Vicaires apostoliques. Ceux de Vientiane et de Thakhek sont soumis à la règle commune pour leurs déplacements. Le 3e, Mgr Khamphan, est en prison avec le curé de Paksé, depuis 1981. Sur un total de 13 prêtres, 2 sont encore
en rééducation tandis qu'un autre est en résidence surveillée. Il reste une quarantaine de religieuses. Cependant, quelques jeunes filles rejoignent les Congrégations religieuses tandis que 3 jeunes ont été ordonnés prêtres à la fin de 1984.
1988 : 21 octobre. Libération de Mgr Thomas Khamphan et du père Jacques Bounliep, respectivement évêque et curé de Paksé, après 7 ans, 7 mois et 3 jours de détention sans avoir jamais été jugés. Ils se retrouvent libres de façon aussi inexplicable
qu'ils avaient été enfermés par les autorités locales.
1989 : Les chrétiens du nord du pays se voient interdire tout service religieux dans les églises catholiques et les temples protestants.
1991 : Janvier. On voit poindre quelques lueurs d'espoir d'une libéralisation dans le domaine religieux. Des centres paroissiaux ont été rénovés tandis qu'une église est en construction à Thakhek. On projette également d'établir à Savannakhet un institut destiné à la formation des catéchistes et une école ménagère. On parle d'une
prochaine réouverture des écoles libres. Il est désormais possible de demander la restitution des bâtiments réquisitionnés par l'État. 2 jeunes prêtres ont été ordonnés en 1991.
1992 : Malgré les restrictions, le nombre des évangélistes protestants a triplé en 5 ans.
L'Église catholique note un nombre important de catéchumènes.
1995 : Une certaine répression s'intensifie contre des chrétiens des minorités ethniques. Le gouvernement interdit l'importante célébration prévue pour le centenaire de la mission de Phannon (diocèse de Paksé).
1997 : P. Sommeng nommé évêque de Thakhek en remplacement de Mgr Outhaï, gravement malade.
1999 : Fin avril. Le Pape nomme le Père Tito Banchon Thopayong, administrateur pour le vicariat apostolique de Luang Prabang, administré jusqu'à présent par le vicaire apostolique de Vientiane (Mgr Jean Khamsé Vithavong).
En mai. L'Église catholique a obtenu la permission de construire plusieurs lieux de culte dans la province du nord-ouest du pays (vicariat apostolique de LuangPrabang), interdite jusqu'à présent. L'interdiction persiste pour l'Église de créer des services sanitaires ou sociaux ou de rouvrir des établissements scolaires.
2004 : Mars. Dans le sud du pays, les autorités exercent de fortes pressions contre des chrétiens protestants pour les contraindre à « renoncer à leur foi ».
La situation des chrétiens très minoritaires est différente suivant les régions. Dans lesprovinces du Nord, c'est une véritable Église du silence. Quant au reste du pays, il y a quelques difficultés. Les protestants sont pratiquement interdits de culte. Un certain nombre sont encore en prison en l'an 2000. Ailleurs, la vie des communautés sedéroule dans le partage de la vie commune. Évêques, prêtres et religieuses partagent les travaux des villageois. La suppression des « oeuvres » (écoles, dispensaires, etc.) a dispersé les religieuses dans les villages.
Le rôle des catéchistes et des comités de laïcs s'est amplifié ; des jeuneshommes sont volontaires pour les divers ministères de l'Église et des jeunes fillesoptent pour la vie religieuse. Dans cette situation nouvelle, l'Église du Laos, dépouillée de tous moyens, vit sa foi et rend témoignage comme tant d'autresÉglises soeurs dans de semblables conditions. 35 000 fidèles (0,6 % de la population) ; 3 évêques, un administrateur apostolique, 13 prêtres, tous laotiens, 76 religieuses, toutes laotiennes.
L'Église du Laos : « Une Église à reconstruire dans un pays à reconstruire ».
Mgr Jean Khamsé Vithavong, vicaire apostolique de Vientiane, lors de la visite « ad limina » à Rome (février 1999) souligne que le rôle des catéchistes laïcs a été très important pendant ces dernières années : « C'est grâce à eux que la foi asurvécu », dit-il. L'Église est actuellement tolérée ; mais ne jouit pas encore d'unepleine liberté. 16 candidats au sacerdoce constituaient alors un espoir pour l'Église du Laos. Il y a actuellement 14 séminaristes.