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Indonésie

Géographie et démographie

Superficie : 1 904 570 km2 (17 508 îles, 3 000 habitées).
N.B. : nombreuses variantes dans les chiffres suivant les sources. Cultures : 9,9 % ; forêts : 58 % ; pâturages : 7,2 %

Population : 219 883 000 habitants (70 % concentrés sur 7 % du territoire).

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Densité : 115,5 hab./km2

Croissance démographique annuelle : 1,3 %
Indice de fécondité : 2,35 0-14 ans : 29,4 % 15-64 ans : 65,5 %

Taux de mortalité infantile : 41,5 ‰ (1996)

Espérance de vie : 66,8 ans
Éducation : Dépense publique Éducation : 1,3 % du PIB.

Analphabétisme (hommes) : 7,1 %

Analphabétisme (femmes) : 15,9 %

Scolarisation 12-17 ans : 60,1 % (1990)

Scolarisation 3e cycle : 15,1 % (2001)
Langues : bahasa Indonesia et 583 langues et dialectes régionaux dont le javanais parlé par plus de cent millions de personnes. Monnaie : roupie indonésienne.
Capitale : Jakarta : 18 millions d'habitants en 2005.

 

 


Histoire

 

Ve-XIVe s. : Période « indienne », surtout à Java.
VIIe-XIe s. : Empire bouddhiste
Fin XIVe s. : Déclin de l'influence indienne. Arrivée en force de l'islam.
1511 : Albuquerque s'empare de Malacca ; début de la présence portugaise.
1521 : Les Espagnols (Magellan) arrivent dans les Moluques par le Pacifique.
XVIe s. : L'islam prend le dessus sur les puissances occidentales.
1596 : Arrivée des Hollandais.
1602 : Fondation de la Compagnie des Indes orientales.
Début XXe s. : Naissance du mouvement de résistance nationale.
1942-45 : Occupation japonaise.
1945 : 17 août. Les nationalistes proclament l'indépendance. Sukarno, 1er président.
1948 : Prise de Jakarta par les Hollandais, emprisonnement des leaders.
1949 : 27 décembre. Indépendance reconnue par les Pays-Bas.
1965 : Coup d'État manqué des communistes, suivi d'une répression terrible.
1966 : Le général Suharto prend le pouvoir. En
1968, il est élu président. Massacre de près de 600 000 sympathisants présumés du Parti communiste indonésien.
1975 : Invasion et annexion du Timor Oriental. Après les massacres perpétrés par l'armée indonésienne, la population du territoire a baissé de 23 % en quelques mois.
1977 : Tous les partis d'opposition sont forcés de se regrouper en deux partis, l'un rassemblant tous les musulmans et l'autre le reste des opposants. De nouvelles élections générales reconduisent Suharto au pouvoir.
1982 : Le Golkar gagne largement les élections et Suharto est reconduit comme président de la République pour une nouvelle période de 5 ans.
1984 : Le gouvernement fait admettre le Pancasila comme l'unique base idéologique de la vie politique et sociale. La politique sociale du gouvernement entraîne les musulmans fondamentalistes à des émeutes, réprimées dans le sang (septembre).
1987 : Aux élections à la chambre des représentants du peuple, le parti du président Suharto obtient 73 % des voix.
1988 : Le 2 mars le président Suharto est réélu par acclamation pour 5 ans.
1990 : 8 août. Rétablissement des relations diplomatiques avec Pékin.

 

 

RELIGIONS

Au IVe siècle de notre ère, les îles de l'archipel furent marquées par l'hindouisme. Au VIIe siècle, par le bouddhisme. La vague islamique a déferlé aux XIVe et XVe siècles.
Enfin, les marchands portugais et les navigateurs hollandais introduisirent le christianisme au XVIe siècle. 87 % des Indonésiens sont des musulmans, parmi lesquels, environ 35,5 % sont adeptes de cultes syncrétiques mêlant islam, bouddhisme,
hindouisme et animisme. Seuls 40 à 45 % seraient des musulmans stricts. Il y a en outre 10 % de chrétiens dont environ la moitié de catholiques. Cinq religions seulement sont reconnues officiellement : islam, hindouisme, bouddhisme, catholicisme et protestantisme. Ceux qui ne déclarent pas clairement leur appartenance religieuse sont généralement considérés comme musulmans.

Église catholique

1534 : Fondation du premier poste de mission dans l'île de Ternate par les Portugais.
1546 : St Fr. Xavier visite la chrétienté naissante (Célèbes et Moluques).
1562 : Les dominicains évangélisent Timor et Florès.
1596 : Arrivée des Hollandais : le catholicisme est banni. Cela dura jusqu'en 1806, date où Louis Napoléon rétablit les droits du catholicisme en Hollande.
1807 : Arrivée des premiers missionnaires.
1897 : Le P. Van Lith fonde la mission de Java.
1940 : Consécration du 1er évêque indonésien.
1942-1946 : La guerre nippo-néerlandaise décapite l'Église (presque tous les missionnaires morts ou emprisonnés). Accélération de la « déseuropéanisation » de l'Église.
1961 : Érection de la hiérarchie : 6 provinces ecclésiastiques.
1965 : Le gouvernement oblige tous les citoyens à s'inscrire dans l'une des cinq grandes religions reconnues (islam, bouddhisme, hindouisme, protestantisme, catholicisme). Nombreuses adhésions à l'Église. Manque de cadres.
1970 : Premières directives de l'épiscopat aux catholiques sur la manière dont il convient que se comportent les catholiques indonésiens dans la Société du Pancasila.
1978 : Parution de deux décrets très importants pour l'avenir de l'Église : Décret 70 : interdiction de prêcher la religion aux personnes qui appartiennent déjà à une communauté religieuse. Décret 77 : toute aide étrangère (en personnel et matériel) destinée aux instituts religieux doit obtenir l'accord du ministre des Religions (musulman).
1979 : Les frontières de l'Indonésie fermées à tout missionnaire, sauf rares exceptions.
1983 : Les mouvements fondamentalistes musulmans font parler d'eux, souvent en utilisant des armes. Ils invoquent la peur du christianisme, trop bien organisé selon eux.
Juillet : premier envoi de missionnaires indonésiens (de la Société du Verbe Divin) àune autre Église (Papouasie-Nouvelle Guinée).
1984 : Tandis que l'Église considère, avec certaines réserves, les efforts faits par le gouvernement pour imposer le Pancasila, les musulmans, pour qui la référence doit être le Coran, s'y opposent vigoureusement.
1985 : Les organisations musulmanes entrent de plus en plus dans la vie publique : prédilection pour les institutions (internats, patronages, écoles et mouvements de jeunes) qui, selon eux, font la « force » des catholiques.
1988 : Tous les missionnaires étrangers doivent demander la nationalité indonésienne sous peine de voir leur permis de séjour refusé.
1989 : Le 9 octobre, visite du pape, qui se rend aussi au Timor Oriental.
En 1988, 18 missionnaires ont reçu la nationalité indonésienne, et 12 dans les 8 premiers mois de 1989. Il reste un an aux 85 missionnaires restant pour demander à leur tour la nationalité indonésienne, s'ils veulent pouvoir rester dans le pays.

1990 : 23 octobre. À la suite de la publication des résultats d'un sondage, selon lequel le prophète Mahomet n'arriverait qu'en 11e position parmi les 50 personnalités les plus admirées dans le pays, l'hebdomadaire « Monitor », appartenant au groupe de presse

« Gramedia » lié à l'Église catholique, s'est vu retirer par le ministère de l'Information l'autorisation de publication. Cette interdiction a aussitôt entraîné une baisse importante de vente du quotidien catholique « Kompas », dont le tirage s'élevait à 500 000 ex.
Décembre : Regain de tension aux Célèbes. Des étudiants musulmans s'en prennent aux églises catholiques.
1992 : Quelques églises chrétiennes sont incendiées par des manifestants musulmans.
1995 : Émeutes provoquées par des catholiques aux îles Florès.
1998 : entre 6 juin et 31 décembre : 76 églises attaquées. (cf. « Christianisme et islam en Indonésie » de Andrée Feillard, EDA n°8/99)
2000 : Septembre : Le gouvernement prolonge le temps de séjour des missionnaires catholiques mais demande à l'Église de a parvenir à l'auto-suffisance en termes de personnel. Décembre : Des attentats sont perpétrés contre des églises catholiques à
Java et Sumatra.
2001 : Dans une lettre pastorale publiée à l'occasion de Pâques, les évêques catholiques dressent un sombre tableau de l'État moral et spirituel de la nation indonésienne.
2002 : Le gouvernement indonésien servant de médiateur, les représentants des communautés chrétiennes et musulmanes des Moluques ont signé un accord de paix.
L'Église catholique s'efforce d'aider les centaines de milliers de travailleurs indonésiens renvoyés de Malaisie.
2003 : A l'occasion du nouvel an javanais, plusieurs liturgies eucharistiques s'inspirent de la culture javanaise.
2004 : L'Église catholique coopère avec le gouvernement pour venir en aide aux centaines de milliers d'Indonésiens qui sont menacés d'être expulsés prochainement de Malaisie.
Statistiques :

Catholiques : 3,55 %. - Diocèses : 35.

- Évêques (en 2000) : 39 (dont 33 religieux).

- Paroisses : 1 031. -Prêtres diocésains : 1 205.

- Prêtres religieux : 1 676.

- Frères (en 2000) : 1 046. - Religieuses : 7 242.

- Grands séminaristes (en 2000) : 1 375.
- Catéchistes (en 2000) : 23 631 (dont 2 664 « patentés »).
1992 : Élection législative. Le Golkar. 68 % ; le parti musulman en 2e position.
1993 : Le président Suharto est réélu pour le 6e mandat consécutif.
1994-1995 : Le problème de Timor Oriental reste entier avec les alternances de heurts et de tentatives de négociations. Mais l'Indonésie reste inflexible sur sa position.
Mi-1997 : La crise asiatique atteint l'Indonésie. Au désastre économique s'ajoute une catastrophe écologique : nombreuses incendies en novembre et décembre.
1998 : Janvier. La hausse des prix provoque des émeutes anti-chinoises.
Mai : les émeutes se multiplient. Les manifestations des étudiants se renforcent.
21 mai : Fin de l'ère Suharto après 32 ans de pouvoir. Habibie, ancien ministre de la technologie, président de l'Association des intellectuels musulmans devient président.
8 octobre : Le FMI accorde une aide de 230 milliards de francs à l'Indonésie.
Novembre : l'Indonésie se voit contrainte d'importer du riz de Thaïlande alors qu'elle était autosuffisante en denrées alimentaires depuis 1985.
1999 : Timor Oriental vote pour l'indépendance et retrait de l'armée indonésienne.
Abdurrahman Wahid devient président. Il est connu sous le surnom familier de Gus Dur, il est aussi président de la plus puissante des organisations musulmanes, la Nahdlatul Ulama). Megawati Sukarnoputri (présidente du Parti nationaliste de lutte),
devient vice-présidente de la République.
2000 : Septembre. Un attentat à la voiture piégée devant la Bourse cause la mort de dix personnes.
2001 : Juillet. L'assemblée consultative du peuple vote à l'unanimité la destitution du président Wahid et élit pour le remplacer Megawati Sukarnoputri, fille de Sukarno.
2002 : Mai. Le Timor oriental devient indépendant.
Octobre : Bali (Kuta Beach) : des attentats à la voiture piégée causent la mort de 202 personnes ; les suspects appartiennent à la Jemaah Islamiyah ; parmi eux « Muhkas » et son frère Amrozi ont été condamnés à mort en 2003.
2003 : Mai. L'État central impose la loi martiale à la province d'Aceh.
Août : Un attentat suicide, visant l'hôtel Mariott, provoque la mort de 12 personnes et fait 150 blessés.
2004 : Avril. De nouveaux incidents éclatent à Amboine, dans l'Archipel des Moluques, où chrétiens et musulmans s'affrontent.
Sévère recul du Parti démocratique indonésien - Combat (PDI-P, fusion des partis catholique, protestant, nationaliste et prolétaire, née en janvier 1973) lors des élections législatives.
Le 26 décembre. Un raz-de-marée (tsunami) frappe les côtes des pays du pourtour de l'océan Indien, touchant plus durement la province d'Aceh, à Sumatra, où quelque 230 000 personnes ont trouvé la mort ou sont portées disparues.

Économie et politique

 

L'Indonésie connaît un taux d'inflation de 11,6 % (2003). L'Indonésie faisait partie des « nouveaux petits dragons ». Avec la crise financière de 1997, l'Indonésie vit une crise sociale d'une gravité exceptionnelle.

 

Agriculture et pêche : 45,0 % de la population active. L'Indonésie est un grand pays agricole. Riz : Une production de 51,8 millions de tonnes en 2003. Cannes à sucre: 23,4 millions de tonnes en 2003. Café : 370 000 tonnes. Maïs, manioc, huile végétale, caoutchouc. Cacao, bois, céréales, fruits et légumes. Pêcheries importantes (5 068 000 tonnes en 2002). Cheptel : une production de 42,4 millions de têtes en 2002.

 

Mines et industrie
16 % de la population active (Services : 39 %). L'Indonésie avec des réserves de pétrole évaluées à 682 000 000 tonnes, et de gaz naturel évalué à 3 825 milliards de m3 est un riche pays minier. Également étain, cuivre, nickel, bauxite et récemment charbon. L'Indonésie est pauvre, endettée (135 milliards de dollars US en 2003), mais pleine d'atouts précieux. Ces atouts sont l'équilibre entre ses ressources agricoles, minières et industrielles et sa localisation géographique. Japon, Hong Kong, Corée et
Taiwan investissent massivement en Indonésie.

 


Politique

 

République. Président : Susilo Bambang Yudhoyono, depuis septembre 2004.

 

PNB/Hab. : US $ 3342 (2003). Pays relativement pauvre.

 

Armée : forte de 302 000 hommes.
(dépense publique militaire : 1,1 % du PIB, en 2001).